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Fight Club
originalement posté le 2 juin 2007 Hier soir on a joué aux baffes avec Nwanda. Alors c'est un jeu très con mais en fait c'est marrant, on est assis face à face et on s'explose la gueule à coups de grosses mandales. Ca fait rigoler. De temps en temps, on fait pouce pour souffler trente secondes parce que la tête part violemment de côté, on entend un sifflement persistant, le cerveau est ballotté dans le liquide céphalo-rachidien (oui le cerveau flotte dans un liquide arabe, et alors, ça gène quelqu'un ?) et on voit des étoiles. Mais bon, Nwanda c'te grosse pute, il se bat comme une fi, il serre ses petits poings et vise les oreilles ou le nez, alors c'est pas super sport comme attitude. Tout ça pour vous dire que j'ai le brain en compote et qu'il ne faut pas m'en vouloir si j'écris un texte que vous allez être forcés de lire. Ah, et une autre chose importante: en rentrant de chez ce gros con, dans la forêt de la peur, j'ai vu une petite biche qui n'était pas du tout effrayée, même pas par la Ka. En même temps, qui serait effrayé par une Ka, je sais. Venons-en à des moutons, peu importe lesquels. J'avais dit, les plus fidèles s'en souviendront, que peut-être, à l'occasion, je referais une note de temps en temps si j'étais heureux. Je travaille comme une tuile et j'ai plus de temps du tout, plus du tout, mais ça n'empêche pas: heureux tel le papillon de nuit qui a repéré une putain de super lumière qui va changer sa vie, je suis. Tu sais, le papillon, il s'emmerde dans le noir total, il volète un peu sans but, soudain des phares, ou la lampe de jardin d'une maison. Hop, tout content, c'est la meilleure nouvelle de sa journée, il se dirige. Dans son langage, sûr qu'il dit "ouéééééé" tellement il est ravi. Après en général il a le tunnel, la grande lumière encore, des visages amicaux qui le regardent, une odeur de cramé, mais c'est une autre histoire. Alors ça loupe pas, vous avez droit à une note, je vous ai pas pris en traître. Je vais vous narrer le concert de Muse. Je vais vous narrer le concert du meilleur groupe de rock du monde. Et comme j'ai viré les commentaires, personne ne pourra me contredire: pour moi, c'est les meilleurs du monde (parmi les vivants hein).
image piquée sur un site, si ça emmerde le gars, pardon le gars, je la virerai A un moment, le chanteur il a fait "yeeeah" avec une toute petite voix génée. Voilà, fin du récit de ce flamboyant pur moment de zique. J'en garde un peu pour moi, permettez ? L'avant concert n'était pas mal non plus, faut avouer. Faut toujours avouer, et le cas échéant, pardonner, au moins à moitié. Je narre: Nwanda (ouais encore c'te grosse putain) ne voulait pas risquer de rayer sa Porsche décapotable en la laissant sur un parking sauvage, alors on a dû prendre ma caisse. Les plus vifs d'entre vous auront encore en mémoire le type de véhicule dont je parle, et se diront "ouah, ils ont dû franchement choper de la belette de douze, en arrivant comme ça". On en reparle, ça semblerait évident de l'extérieur, mais dans la vraie vie, moins. Bon la pluie menaçait derrière moi depuis le fond de la Lorraine, j'avais laissé Sam ma bataille chez de la famille au fond de la Lorraine ndlr, et j'avais été poursuivi par des nuages noirs qui viennent du nord colorent la terre les lacs les rivières sur tout le trajet, c'est un peu le décor de l'A31. A un moment, Mowine a plongé, on n'a pas compris. Donc les nuages (gris, pour être plus précis, anthracite même) me suivaient mais jamais ils ne me rattrapèrent, trop rusé que j'étais, moi j'avais chaud, peinard, pépère, j'ai franchi la frontière comme les Cow Boys de l'Ouest en écoutant, bin tiens, je crois que j'écoutais du Muse, je crois. J'ai chopé Nwanda, la fameuse grosse putain sarkozyste de droite, et on a foncé vers Esch sur Alzette. Ca prête à rire hein ? Riez pas, vous êtes salauds. Les Muse ils font Wembley (wéééééé ) , Paris (wééééééé ) , New York (wééééééé ) , Esch sur Alzette (heu... what ?), ils ont dû faire la gueule quand on leur a annoncé le circuit. Donc on roule, et comme il est déconseillé de jouer au jeu des baffes quand on conduit, à la place on a écouté de la musique dans l'auto. Du Muse je crois. Ouais, c'était ça, j'en suis sûr à présent. Là c'est devenu rigolo: les nuages noirs (en fait ils venaient pas du nord je me rends compte, ça n'aurait aucun sens, j'ai dit ça pour déconner tout à l'heure) sont devenus jaunes-ocre, on s'est retrouvés en plein dedans, tout pile. Et les trombes des Dieux fâchés se sont déversées sur notre route. Les éclairs, je vais pas vous mentir, étaient violets. Sérieux. Je fais pas mon poète qui redessine le monde, on avait des éclairs vio-fucking-lets ! Et sans tonnerre, bizarrement, peu de bruit extérieur, à part le martellement métallique des grosses gouttes chaudes et viriles qui essayaient de percer ma toiture. Le même orage que dans La Guerre des Mondes, très impressionnant. Mais en violet. Trouver Esch est chose aisée. Et également une allitération, tiens. Trouver La Rockhal en est une autre, surtout quand le rideau de pluie ne permet pas de distinguer un panneau à deux mètres. Surtout quand le copilote est bigleux comme une taupe, oh il ne vous l'avouera pas, trop fier qu'il est avec ses petites chaussures de costume là, mais il a sérieusement besoin de lunettes. N'écoutant que mon instinct, j'ai donc suivi une série de panneaux illisibles qui nous guidaient vers un mystérieux "Rockhal P+R". On a eu le temps de se demander ce que P+R voulait dire, peut-être Parking et Ravioli ? Arrivés là, la zone, un pauvre terrain vague fait en boue, parsemé de flaques profondes comme des gouffres, des gars qui nous faisaient des signes avec des lampes d'aéroport, un bus paumé dans un coin. Rien qui ne ressemble à une salle de concert, ou alors une minuscule, mais on en doutait. On s'est garés super loin du bus, on a eu la riche idée de s'allumer une clope. Elle a pas duré trois pas la clope, elle a dû avoir un orgasme ou on sait pas quoi, pof, toute ramollie, inutilisable. On a traversé la boue, les flaques, l'averse torrentielle qui aurait fait pâlir d'envie André Torrent (personne connaît je suppose, dans les non-lorrains ?), on courait comme des petits bouquetins tâchant de garder un peu de noblesse, finalement le bus s'est dressé devant nous comme une oasis. Le chauffeur clopait tranquillement à l'entrée, rieur et affable (bien que luxembourgeois, allez comprendre...). Nous on s'enquière quand même un minimum, "alors comment ça se passe, c'est payant, faut réserver ?" Nan il dit, c'est prévu, et la douche est gratuite. Je sais plus si on a rigolé sur cette remarque, m'en voulez pas parce que je fais des efforts de mémoire, c'était il y a une semaine entière, merde. Il y a de la place dans le bus, juste à l'entrée, quatre sièges face à face. Comme si on nous attendait. Et franchement, on nous attendait, parce qu'il a jeté sa tige et s'est mis au boulot, le conducteur. Soaking wet, rasés de la tête fraîché du matin pêché, on évoquait des déportés, le bus nous a presque flanqué les chocottes. Mais où nous emmène-t-il, est-ce un piège, une sorte de gigantesque enlèvement savamment organisé ? Il nous est arrivé de déglutir, à plusieurs reprises, alors que les tristes décors de cette région industrielle défilaient entre les zébrures des larmes de pluie, aaah, poésie, quand tu nous tiens, putain je me ferais bien un cadeau moi tellement je m'admire. Au bout d'une interminable route, qui donc, finalement, s'est terminée, on nous lâche devant un vague abribus planté au milieu de rien. Gentiment on descend, il flotte toujours, mais un peu moins. On s'envoie des vannes. C'est vrai quand même, ces files de gens courbés sous la pluie, ça fait vachement de plus en plus déportés, c'est pour ça, je disais plus haut, on déglutit. Aucun organisateur pour nous guider, donc bêtement on suit les premiers qui semblent savoir où ils vont, en ce qui nous concerne sans aucune certitude d'un terminus positif. Je vous rappelle qu'on est en Allemagne, ou tout comme. On se marre mais tout de même, le rire est jaune, comme les nuages. La marche est elle aussi interminable, comme la route, comme ce texte. On voit très clairement que l'espoir quitte certains visages, quelques esprits éclairés commencent à comprendre, ils ont déjà vu ça sur Arte. Après tout c'est pas impossible, nous les frontaliers, on est super mal vus au Luxembourg, et s'ils avaient décidé de faire un grand feu de joie comme ça, juste pour faire un peu de place sur les autoroutes le matin ? Ensuite on nous guide vers un pont couvert métallique, dans lequel nos pas résonnent (alors qu'en son coeur, personne), faisant trembler la structure post-industrielle dans un vacarme post-industriel aussi. Mais ouf, on en ressort bientôt, l'air est à nouveau respirable. Nouveau changement de direction, cette fois il faut viser la dune, et ça nous fait pas peur (un jour, mes références à des chansons finiront par lasser, je le sais, même si ça se trouve ce jour c'était il y a six mois). La silhouette lugubre d'une usine désaffectée se dessine sur l'horizon, pourtant déjà noir. C'est dire si elle est encore plus noire que noir. Au loin, des pilônes assymétriques en béton, réminiscences de l'architecture soviet, pointent en vain le ciel tourmenté. On s'y perdra au retour, mais pour le moment, on approche de l'usine. On distingue des bureaux à l'étage d'un bâtiment en tôles rouges, bon sang, toujours rien qui ressemble de près ou de loin à une salle de spectacle... Et c'est au détour de ce bâtiment que le rassurage nous saisit à la gorge. Là, à nos pieds, qui une seconde avant erraient encore à l'aveugle, s'étend une foule de fans répartis en stalaghites* devant diverses entrées. La vision s'offre instantanément à nous, comme le stade noir de monde de Kinshasa s'offre à Ali dans Ali, comme la base d'accueil des Aliens s'offre à Richard Dreyfuss dans Rencontres du Troisième Type, comme Julien dans Nouvelle Star prête à rire. Pardon c'était gratuit mais fallait bien le caser. On ne tarde pas à se joindre à la foule, qui est cette fois constituée de trentenaires. Ca a le don de m'étonner tout en me rassurant, parce qu'à mon dernier concert de Muse, à Nancy, ma compagne et moi-même faisions figure d'ancêtres, perdus au milieu de toutes petites belettes de 12 ans. Juste, pas les mêmes belettes qu'aux concerts de Bruel hein, des belettes de goût. Alors on se joint, on fait la queue. J'ai le temps de remarquer une affichette (Nwanda non, c'est une grosse taupe) qui dénonce la vente de quelques billets frauduleux, il y a les numéros de série et les prénoms des acheteurs. Un frisson, j'ai acheté ces places sur ibé, à une nana, et je ne vois que des prénoms de nanas sur cette liste de Scotland Yard. Après vérification ça roule, les miens sont réglos. La queue rétrécit, merci de ne pas vous attendre à une vanne ici vous êtes gentils, on approche du hall, on passe, ràs. Si, juste deux choses: c'est une salle de concert non-fumeur (aha... aha-ha-ha. Aheum, ha HAHA, A-HAAHA, nan mais ils pensent à quoi les gens ?? Mais pourquoi pas une cigarette non-fumeur, bientôt, non ? C'est prévu ?) donc il y a un endroit labellisé "smoker's paradise" (ils vont un peu loin à mon sens, c'est pas du tout le paradis, ça sent la merguez et le cheveu roux, enfin ils font ce qu'ils veulent hein). Autre chose, vous connaissez l'ordre allemand, la passion de l'organisation, bin là ça se traduit comme ça: on ne peut pas acheter une merguez ou une crêpe, ou des nouilles chinoises en ce qui me concerne (vous avez le droit de savoir), sans d'abord acheter un ticket en papier plastifié qui te donnera le droit d'acheter ton miam. Donc on fait, heu... DEUX fois la queue. Alors déconnade toujours avec Nwanda (cette grosse connasse), on imagine qu'une fois arrivés au guichet, le gars nous demande "votre métier ?" et que si on répond maçon, ouvrier, électricien, il nous met dans la file de gauche, ceux qui pourront bosser, et si on dit philosophe, peintre, prof d'histoire, il nous envoie dans la file de droite, celle qui va vers les hautes cheminées qui fument. En plus, il y A des hautes cheminées qui fument. Le concert à présent. Dans le hall, une étrange voiture est suspendue au plafond, traversée de gigantesques lames comme un couteau suisse, c'est assez joli. Pis dans la salle non-fumeur-ha-ha, un groupe de première partie fait son intéressant. Ils reprennent London Calling à la fin, mais on est trop occupés à boire de la bière. Quand on commence à explorer les lieux, la salle est relativement vide, on fait une petite blagoune à un gars esseulé. On se met juste derrière lui, alors qu'il y a des millions de places partout, et on râle, genre "rhôô, il est trop grand, on voit rien, c'est pénible" en se mettant sur la pointe des pieds. Essayez chez vous, c'est amusant. L'art de faire chier, parce qu'on a choisi cet endroit précis et qu'on veut être absolument là ! Bon, ça c'était pour vous montrer qu'on est des mecs rigolos mine de rien. A peine quelques minutes après notre entrée, les lumières s'éteignent, Matthew Bellamy arrive sur scène, on a vachement de chance, on n'aura même pas eu à poireauter comme des cons. Et il démarre sur Knights of Cydonia avec ses deux copains. Et c'est un réel bonheur. Maintenant, heu... comment vous expliquer... Je fais un nouveau paragraphe pour ça. Quand tu es fan absolu d'un groupe, que tu connais tout par coeur, que tu écoutes ça en boucle depuis des années, sans jamais te lasser, quand tu chantes dans ta voiture à t'en fracasser le gosier... le jour où tu vois ces mêmes gars en live, t'as qu'une envie, c'est de leur communiquer en retour le bien qu'ils t'ont fait. de montrer que putain, tu n'es pas là en touriste, tu sais qui ils sont, tu comprends leurs paroles (bon pas toutes), tu A-DO-RES ça. Comment tu fais ça ? Bin déjà, le minimum, c'est de sauter sur place comme un ouf en jetant tes bras en l'air, enfin merde, vous avez déjà entendu ce qu'ils font ? C'est pas du thé dansant hein, ça bouge bien. Donc t'as envie de gueuler, de chanter encore plus fort que dans ta caisse, de donner des coups de boule à l'air qui te sépare d'eux, de faire les cornes avec les doigts, la bouche écrasée en mue, les yeux concentrés sur leur fermitude, putain tu veux le savourer ton concert. [Edit: suite de la note, le lendemain donc] A propos de langues, de l'anglais j'en ai un peu entendu là-bas, de français beaucoup, mais pas de luxo, ni d'allemand. Evidemment je n'ai pas écouté les conversations de tous les membres du public, mais n'empêche, c'est étrange. En même temps ça ne m'étonne pas tant que ça, j'ai testé mes élèves, pas un seul ne connaît Muse. Quand je leur demande ce qu'ils écoutent, c'est plus "ach, ch'aime pien Ulrich Schlattenrott und zon Orkestr Profezionnäl", ou éventuellement Madonno. Et, anecdote amusante, ils connaissent tous Louis de Funès, et ils adorent. Ca m'a vraiment surpris, d'autant qu'il est doublé, chez eux. Concert, donc. C'est passé très vite. Quand tu connais vraiment tout par coeur, et quand 97% de la production d'un groupe n'est fait que de tubes (ouais y'en a deux ou trois qui m'emmerdent, je les zappe sur les CDs, mais heureusement ils ne les reprennent pas sur scène), t'as l'impression que deux heures durent dix minutes. Et forcément tu es frustré, parce qu'au bout de 4 albums, le choix est trop vaste, les mecs ne peuvent plus satisfaire chaque fan, ils font des impasses sur certains morceaux incontournables. Mais ils ont repris Microcuts et Feeling Good, c'était inattendu et ça fait plaisir. Cinq fois j'ai essayé d'appeler mon amoureuse pour lui faire entendre quelques notes, cinq fois ça n'a pas marché, mon téléphone n'est pas programmé pour envoyer du son depuis l'étranger. J'aurais pu envoyer un SMS notez, qui aurait dit "tiens là ils font New Born", mais je sais pas, ça le fait moins non ? C'est une petite tradition d'appeler mon amoureuse depuis un concert où elle n'est pas, j'avais fait entendre Eleanor Rigby à ma copine de l'époque, et un morceau de Johnny plus tard à la même (juste moi je savais pas à l'époque qu'elle n'était plus ma copine, j'avais pas calé le truc). Bon, quoi ? Je sens bien vos regards sournois. Ouais j'ai vu Johnny, et alors ? Il est venu à Metz, la moindre des choses c'était de lui rendre la politesse hein, c'est un gars qui va finir par décéder, faut le voir au moins une fois, c'est quand même un show. Pis j'ai pas à me justifier de ma franchise, d'abord vous pouvez pas répondre, ensuite j'aurais très bien pu écrire "j'ai appelé ma femme depuis un concert de Led Zep", personne aurait cherché à vérifier. J'aurais eu plus la classe mais j'aurais été un gros menteur. Time is running out. En fait c'était le time du micro qui runnait out, parce que ce con, après nous avoir balancé un somptueux larsen, nous a pété a la gueule. Du coup, la fin de la chanson a été totalement instrumentale. On voyait bien qu'il ouvrait grand la bouche le Matt, mais rien, pas un murmure. Après un gars est venu lui donner un nouveau microphone, mais mal réglé, alors sur New Born, petite voix fluette. Deux chansons gâchées, je vais peut-être demander à me faire rembourser, avec la plus-value d'ibé. Vingt chansons en tout, dont cinq après le rappel. Je vais pas vous faire la liste, je suis sûr que ça vous dira rien, je suis sûr que vous êtes tous Allemands de toute façon. Mais y'a eu Hysteria, Butterflies and Hurricanes, Plug in baby... Pour les néophytes, vous pouvez entendre quelques mesures de Hysteria dans la très très jolie pub télé pour le parfum Insolence, avec la très très jolie boxeuse de Million $ Baby toute nue, Hilary Swank toute nue. Nue. Sans vêtements. Rheuu. Oops pardon, je me reprends. Elle flotte dans l'air comme ça toute nue, on sait pas comment elle fait, avec ses chfeu longs et soyeux, un joli éclairage, c'est dingue ce qu'ils arrivent à faire de nos jours, alors on voit les cui-cuisses, mais égalem... Ah j'ai continué ? Sorry. Bin je vais finir ce texte hein, puisque ma chérie refuse de se connecter, à mon avis elle est morte, bon tant pis j'en trouverai une autre qui vit plus près. Alors j'avais un petit blouson en faux cuir tout à fait seyant, très bien au moment de la pluie, très nul au moment de la chaleur écrasante de la salle pleine d'humains qui ne faisaient rien que respirer en émettant de la chaleur de corps. Super indisciplinés quoi. Je l'ai gardé comme un con pendant les trois quarts du concert, pis à un moment, trait de génie fulgurant, j'ai décidé de nouer les bras autour de ma taille. C'est comme ça que les espèces évoluent, de temps en temps un membre a une idée de dingue et ça sauve sa descendance, qui aura ce critère dans ses gènes. Putain c'est pas intéressant, je vous raconte que j'ai noué mon blouson autour de ma taille... j'étais plus culte hier hein ? Faut jamais arrêter un texte au milieu, demandez à mon éditeur, après ça veut plus rien dire. En plus j'ai arrêté pour quoi ? Pour recevoir deux belettes dont une a fait la tronche toute la soirée sans raison apparente, des fois je me demande. Après le concert on s'est donc paumés parmi les grands totems soviets, on continuait à suivre des gens, mais pas les bons gens. Donc on a rebroussé chemin pour passer devant un quai de gare. Sans gare en fait, juste un quai. Des humains attendaient, et c'est là que des haut-parleurs se sont mis à aboyer des ordres en allemand. Forcément on a recommencé à imaginer les pires choses, des gens qui attendent un train, des cris en allemand, faut pas être Prix Nobel d'Histoire pour faire un rapprochement. Nous on était bien contents, on n'avait pas à prendre le train, alors on regardait les pauvres hères assis dans leurs wagons. Pas eu le temps de les compter mais à vue de nez, ils étaient au moins vingt et cent. Vanne récurrente hein ? Ouais je sais. Mais je raconte la soirée, et la soirée, c'était ça. Après j'ai oublié. Il a dû se passer des choses mais j'ai un black-out, peut-être avons-nous été enlevés par des extraterrestres qui nous ont mis des objets contondants dans le rectoume, et que du coup, on préfère ne pas se souvenir. En tout cas à un moment je suis rentré dans mon domicile en traversant les bois de la peur. Une fois une dame blanche, une fois une petite biche; bin cette fois, c'était moi le monstre: je tenais le GPS sous mon menton dans le noir, pour me faire un visage de fompire éclairé comme dans les vieux films de la Hammer, et quand je croisais un véhicule, je lui faisais le sourire de la peur. A me voir dans le rétro, c'était saisissant, en tout cas j'ai bien rigolé, mais pas les gens que j'ai croisés, qui sont tous actuellement en thérapie, voire en morgue. Je pense que je vais m'arrêter là pour aujourd'hui. J'aimerais mieux prendre soin de vous mes petits, me remettre un peu au dessin, vous faire quotidiennement rigoler (si, si, j'ai ce talent, arrêtez ! ), mais j'ai des semaines d'haltérophile et pour le moment, je suis très bien vu dans ma boîte. Faudrait pas que ça change hein ? Je vous rappelle que la raison de mon retour à l'emploi était la suivante: pouvoir offrir des vacances à mon fils. Alors ça sera surtout le weekend, et encore, pas forcément à chaque fois. Râlez pas, c'est ceci qui compte: je suis vivant et je vous aime. *maaaaais, j'ai le droit ! un stalagTite Tombe, un stalagMite Monte... bin un stalagHite est Horizontal.
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